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VERONIQUE MULLINS VIENT DE LANCER SA SOCIETE DE MAÇONNERIE-RENOVATION, LASSE D'ESSUYER LE REFUS DES PATRONS D'EMPLOYER UNE FEMME.

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  • Castres. Être une femme dans le bâtiment : la galère

  • Un aperçu des quelques prétextes et excuses que Véronique Mullins a pu entendre lors de ses multiples recherches d'emploi dans le secteur du bâtiment.

Véronique a 51 ans et quelques années passées à galérer pour trouver sa place dans ce milieu essentiellement masculin.

J'ai les formations et les diplômes nécessaires .

Véronique évoque son parcours et les nombreuses expériences qu'elle a eues avant de se lancer, à la quarantaine, dans le bâtiment.

Véronique met en avant ses expériences, toujours concluantes avec des patrons satisfaits de mon travail.



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« Une femme, ça va mettre le bordel ». « On n'a pas de local pour vous alors que la loi l'impose ». « Certains ouvriers n'aiment pas être gouvernés par des femmes ». Un aperçu des quelques prétextes et excuses que Véronique Mullins a pu entendre lors de ses multiples recherches d'emploi dans le secteur du bâtiment. Aujourd'hui, elle a décidé de lancer sa société, justement pour ne plus avoir à entendre ce qu'elle définit comme « des âneries et des choses secondaires. »

Véronique a 51 ans et quelques années passées à galérer pour trouver sa place dans ce milieu essentiellement masculin. Être une femme dans le secteur du bâtiment n'est pas une chose courante. Et c'est loin d'être une chose facile. Étrange paradoxe de ces professions qui recherchent de la main-d'œuvre en masse.

« Personne ne m'a imposé de travailler dans ce domaine. Je l'ai choisi parce que j'aime ça. J'ai les formations et les diplômes nécessaires ». Véronique évoque son parcours et les nombreuses expériences qu'elle a eues avant de se lancer, à la quarantaine, dans le bâtiment. « J'ai fait ma formation à l'AFPA pendant 8 mois. La seule femme sur quinze personnes. Cela a été très dur au début. Les hommes se disaient que je n'y arriverais pas. Ils testent votre physique, votre moral. Quand ils ont vu que j'assurais le même travail qu'eux, cela s'est arrangé. Au final, j'ai terminé 4e sur 15. Eux ont tous trouvé du travail. Pas moi », raconte-t-elle.

Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. « J'ai répondu à des colonnes entières d'annonces à l'ANPE. C'est pour votre mari ? me disait-on. Et toutes ces excuses qui n'en sont pas. Il y a beaucoup de machisme dans cette branche. Alors que l'on travaille de façon complémentaire », regrette-t-elle. Véronique met en avant ses expériences, « toujours concluantes avec des patrons satisfaits de mon travail. J'ai à cœur de travailler et de montrer ce que je sais faire. Encore faut-il m'en laisser la chance. »

Actuellement, Véronique est en recherche de clientèle et ne ménage pas ses efforts. Un premier devis sur Labruguière. En attente de réponse. En attente d'autres clients aussi. « Aujourd'hui et pendant trois ans, la structure Régabât m'aide dans ma démarche. Je voulais créer mon entreprise il y a déjà quelques années. Mais le poids des charges et la crainte de voir les clients réagir comme les patrons m'avaient rebutée. Comme s'ils avaient peur. Mais peur de quoi ? »



« Le bâtiment fait beaucoup d'efforts »
  • «L'image du secteur du bâtiment est entrain de changer. C'est une filière qui fait beaucoup d'efforts, qui prend conscience qu'elle peut se féminiser, et qui est pionnière dans ces avancées». Les mots de Martine Bessière-Bogaert, présidente tarnaise de l'association des femmes chefs d'entreprises, sont remplis d'espoir. «Il est vrai qu'il y a encore peu de femmes dans les formations. Il faut poursuivre les efforts en matière de communication et que la gent féminine elle-même change son image de ce secteur. Cela prendra quelques années mais c'est en bonne voie puisqu'un accord-cadre a été signé avec la Capeb en septembre 2007», poursuit-elle. «Quant aux mentalités, elles évoluent aussi. Les jeunes générations montrent beaucoup plus de respect envers les femmes. Le but de chacun et des entreprises étant, bien sûr, de travailler de façon complémentaire et non en opposition».
Publié le 25 mars 2008 à 11h06 | Auteur : J.-B. M.

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